Canopée
Axe 2 · Nos actions

Autonomie énergétique

Produire et utiliser l'énergie en s'affranchissant des filières fossiles, à partir des ressources locales : biomasse d'élagage, vent et soleil. Un panorama des technologies expérimentées ou en projet à Canopée.

Huile végétale carburant

Les moteurs diesel anciens à injection indirecte (avant les normes Common Rail) fonctionnent à l'huile végétale pure sans modification majeure. Canopée s'appuie sur deux engins déjà choisis pour leur tolérance à l'huile : le fourgon Iveco 35.10 (1985) et le tracteur International Harvester 844 SB (1975).

Le tournesol — un choix économique assumé
Techniquement, le colza est la meilleure huile carburant (plus stable, moins de cires). Canopée retiendra pourtant le tournesol : importé brut de Turquie à ~0,30 €/L (commande de 2 t ≈ 550 € livrée), soit un cinquième du gazole. L'écart de qualité devient acceptable, à condition de compenser par une filtration soignée, un coupage au gazole et un usage par temps doux. La solution idéale cède devant la solution réaliste.

Gazogène — électricité sur plaquettes

Pour produire de l'électricité, le gazogène valorise les plaquettes forestières d'élagage — un combustible gratuit — en gaz de synthèse alimentant un groupe électrogène. Canopée vise un gazogène co-courant (downdraft, faible teneur en goudrons, compatible moteur) couplé à un groupe à moteur Bernard essence, adaptable au syngas par un simple mélangeur air/gaz.

Le goudron, ennemi numéro un
Même en configuration co-courant, le syngas contient des goudrons résiduels qui encrassent carburateur et soupapes. La filtration doit être rigoureusement dimensionnée et nettoyée chaque jour d'utilisation — c'est le principal facteur d'échec des projets amateurs. Compter 6 à 12 mois d'apprentissage avant un fonctionnement fiable, et un détecteur de CO obligatoire (le syngas contient ~20 % de monoxyde de carbone).

Éolienne Piggott

Référence mondiale du petit éolien autoconstruit, l'éolienne Piggott est fabriquée localement avec de l'acier ordinaire, des bobinages de cuivre et des pales sculptées dans le bois — entièrement réparable sur place, sans pièce propriétaire. Simple, robuste et performante, elle produit dès 3 m/s de vent et atteint sa puissance nominale vers 10 m/s.

Canopée vise un modèle de 3,60 m installé près de la Durance et couplé directement à une pompe d'irrigation : le pompage fonctionne au fil du vent, ce qui supprime le poste batteries — c'est l'eau qui est stockée, pas l'électricité. Un usage qui tolère parfaitement l'intermittence et s'accorde au régime de mistral du site.

Conseil
L'association Tripalium organise en France des chantiers participatifs de construction d'éoliennes Piggott : le meilleur moyen d'en maîtriser la fabrication, notamment la délicate réalisation des pales. Une étude de vent de 6 à 12 mois reste recommandée avant tout chantier.

Chaleur : solaire et bois

Le four solaire produit directement de la chaleur, sans combustible ni électricité — pertinent en PACA (~2 700 h de soleil/an). Le concentrateur DIY LyteFire (jusqu'à 300 °C) ouvre deux débouchés concrets pour Canopée : la torréfaction de pois-chiches pour la vente directe, et une boulangerie solaire semi-professionnelle (30–45 kg de pain/jour).

Pour le chauffage de l'habitat, le poêle de masse prend le relais avec le bois local : une flambée vive le matin charge une masse réfractaire qui restitue sa chaleur 8 à 12 heures, à un rendement de 70 à 92 %. La cuisinière de masse (foyer DSR en fût métallique, sans maçonnerie, ~1 800 €) cumule chauffage et plaque de cuisson — idéale pour un bâtiment associatif et reproductible en chantier participatif.

La feuille de route de Canopée

Le critère est économique : commencer par ce qui coûte le moins, se met en œuvre le plus simplement et améliore directement le quotidien des membres. Deux priorités touchent la vie de tous les jours (carburant, chauffage) ; deux projets plus lourds concernent la production d'électricité.

# Solution retenue Coût d'entrée Statut
1 Carburant HVP (tournesol) — fourgon et tracteur ~550 € À implémenter
2 Cuisinière / poêle de masse ~1 800 € (ou kit DIY) À implémenter
3 Gazogène + groupe électrogène moteur Bernard 4 000–7 000 € Projet
4 Éolienne Piggott 3,60 m autoconstruite 3 000–5 000 € Projet

Carburant HVP et cuisinière de masse forment le socle « vie quotidienne » : peu coûteux, techniquement simples, ils profitent immédiatement à tous les membres. Le gazogène et l'éolienne, plus capitalistiques, viennent ensuite.

Participer aux projets énergie

Chantiers participatifs et formations à l'autonomie énergétique en Luberon.